Alpina 4/2004

Fils de David selon la généalogie vétérotestamentaire, le roi Salomon est l'auteur du temple qui porte son nom et dont Hiram est désigné comme étant son maître d'oeuvre. Le personnage et la construction occupent une place importante dans le symbolisme maçonnique. Son nom figure à plusieurs grades où son rôle varie et prend des nuances différentes susceptibles de se compléter. Des textes fondateurs de la maçonnerie mentionnent le monarque d'Israël en bonne et due forme. Référons-nous d'abord au poème du Manuscrit Cook de 1410 lorsqu'il est dit que le père de Salomon avait grande estime pour les maçons «et leur donna des instructions/Qui sont comme celles de maintenant».

 Plus loin: «Salomon les initia aux usages/Qui sont ceux de nos jours/Cet art excellent/Entre tous fut importé en France/Et dans bien d'autres régions». On y parle également de personnages tels Pythagore, Euclide, Saint-Alban, Althestan, considérés comme de grands patrons des constructeurs, avec d'autres au renom affirmé. Dans Le manuscrit d’Edimbourg (1690) nous lisons lors d’une série de questions et répliques: «Où se tint la première loge?/ Sous le porche du Temple de Salomon». Quant au Manuscrit Dumfries No 4 (1710) il fait état d’un dénommé Green qui aurait participé au célèbre chantier salomonien. On pourrait multiplier à l’envi les citations d’écrits d’avant 1717 et les comparer éventuellement avec celles d’après l’introduction officielle de la maçonnerie dite spéculative. Passablement de conditionnels sont nécessaires dans l’approche historique des événements qui nous sont relatés, la réalité et l’allégorie sont malaisées à départager dans les contextes anciens. Dans tous les cas il s’agit d’entendre au-delà de ce qui nous est dit afin d’en tirer un enseignement profitable pour notre époque. Salomon avait une réputation de sagesse et d’équité, voilà qui devrait nous indiquer la voie à suivre. L’essentiel aujourd’hui étant notre propre édification intérieure, il importe à chacun de savoir ce qu’il lui reste à faire et à parfaire.

Jacques Tornay

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