Editorial

Oser. La femme du XXIe siècle, connectée, multitâche, tchatte sur les réseaux sociaux, échange sur les forums, « tweete et retweete », court après son bus, fait répéter leurs leçons à ses enfants ou petits-enfants, pare aux urgences du quotidien.
Vie active d’échanges tous azimuts et pourtant … le smartphone ne capte pas de réseau pour les questions existentielles. Les réponses sont à chercher en soi, dans son réseau de réflexions intérieures et intimes.

Une petite voix s’élève alors dans le silence déconnecté qui appelle la femme à aligner ses différentes activités, les rôles qu’elle joue, et à les comparer avec son moi profond.
Vertige et sentiment de solitude dans ce monde de la toile, du web 2.0. et bientôt du web 3.0.

Comment s’engager seule dans ce cheminement philosophique et spirituel si intimement féminin parfois ?  Surtout ne pas bâillonner la petite voix. Lui prêter oreille.

Marie-Thérèse BESSON, Présidente 

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Appel pour une Europe laïque. Tribune de C. Jeannin Naltet 17 avril 2014

À un peu moins d'un mois des élections européennes, la Grande Loge Féminine de France s'inquiète de la montée des intolérances et de la perte des valeurs fondatrices de l'Europe.  Catherine Jeannin-Naltet signe une tribune dans le Nouvelobs le plus au nom de l'institut maçonnique européen de la GLFF  pour défendre les valeurs de la laïcité .

Texte de la Tribune :

Pour une Europe laïque, unie et solidaire

par la présidente de l’Institut Maçonnique Européen de la G.L.F.F. Catherine Jeannin-Naltet



Du 22 au 25 mai prochain, les citoyens européens et les citoyennes européennes seront appelés à désigner leurs représentants au Parlement européen. Dans cette Europe qui a su maintenir la paix depuis 60 ans, les nouveaux élus auront la lourde tâche de travailler à l'émergence d'une Europe facteur de croissance et de progrès social, capable de peser sur la marche du monde telle qu'elle fut souhaitée par ses pères fondateurs. « Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes », ces mots de Jean Monnet illustrent sa volonté de ne pas seulement construire l’Europe sur des indices économiques mais sur des valeurs en accord avec à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

A ce jour, l’Union européenne s’est imposée par étapes économiques et institutionnelles. Bien qu’elle se soit dotée d’une Charte des Droits fondamentaux qu’elle a annexée à ses traités, elle peine à trouver la reconnaissance et l’adhésion de ses 500 millions de ressortissants. De traité en traité, d’élargissement en élargissement, mais aussi de crise en crise, les états membres qui constituent le Conseil Européen ont privilégié les critères économiques en s’éloignant des valeurs fondatrices. Ils ont fait naître chez les citoyens un euroscepticisme croissant qui se mue parfois en une franche hostilité qui les conduit à déserter les urnes, voire à plébisciter à travers les nationalismes, les populismes et les extrémismes, des partis anti-européens.

L’Europe manque de chair et de souffle. C’est un colosse aux pieds d’argile qui ne répond plus aux attentes de ses citoyennes et de ses citoyens. Pire, on assiste à une régression inquiétante, dans des domaines où elle s’était montrée particulièrement progressiste, comme le respect de la vie, de la dignité humaine, du refus de la violence et de la torture, de la liberté absolue de conscience, de l’égalité homme/femme. Au sein des institutions même, le pluralisme et l'indépendance ont été quelquefois mis à mal comme au sein de son Comité d’Ethique par la surreprésentation de groupes religieux (professeurs de théologie, prêtre, vierge consacrée). Dans un domaine aussi sensible, cette dérive inquiétante peut laisser croire que l’éthique et la morale ne peuvent être que du ressort des seules religions. A cet égard, l'initiative citoyenne européenne « One of Us » qui prône l'arrêt de la recherche sur les cellules souches et le refus de financer la contraception et l'IVG dans les pays en voie de développement, nous paraît particulièrement dangereuse. Nous ne pouvons accepter que des groupes de pression qui ont portes ouvertes dans les institutions européennes, forts de leurs croyances et de leurs dogmes, tentent d’y imposer des conceptions qui risquent d'entraver l’évolution scientifique et le progrès social.

Les droits des femmes seront les premiers à pâtir de cette montée d’un ordre moral que l’on croyait révolu. Les dernières semaines ont ainsi été marquées par le rejet au Parlement européen de textes d’initiatives qui concourraient précisément à garantir, sur tout le territoire de l’Union, le libre choix des femmes à la contraception et à l’IVG.

Au moment où le gouvernement espagnol opérait un retour en arrière dans le domaine des droits génésiques, ces votes préjudiciables pour les droits fondamentaux et inaliénables des femmes ont donné lieu à des débats passionnels au cours desquels les organisations confessionnelles présentes à Bruxelles ont exercé un lobbying très agressif sur les députés européens (opérations « coup d’éclat », envoi de milliers de mails, pressions et menaces sur les députés…). En se répandant en toute impunité dans un espace institutionnel qui devrait rester neutre, cette agitation incontrôlée et désolante des organisations cultuelles les plus extrémistes est dangereuse pour le débat démocratique.

Le « vivre ensemble » devrait être la devise des états européens « unis dans la diversité ». Dans ce contexte, seule la laïcité pourrait être le creuset où forger enfin, de façon apaisée et ouverte, l’identité européenne.

Il est grand temps que les institutions européennes comprennent que la neutralité religieuse est une nécessité et que le Principe de laïcité doit être inscrit dans le Préambule des Traités. Certains argueront que le terme de laïcité n’est pas traduisible dans toutes les langues de l’Union et lui préfère le sécularisme. La laïcité implique l’instauration sur le plan légal d’une séparation entre le politique et les églises. En revanche, le sécularisme qualifie l’évolution d’une société vers une séparation de fait entre puissance publique et religions. Le sécularisme n’offre pas de garantie contre d’éventuels infléchissements, régressions, voire retours en arrière des libertés fondamentales. Enfin, ne l’oublions pas, le sécularisme est une marque de fabrique des pays anglo-saxons qui traîne dans son sillage le communautarisme dont nous préserve le principe de laïcité.

Au moment où précisément les revendications communautaristes déchirent l'espace public, face aux tentations de replis identitaires, nous femmes et franc-maçonnes de la Grande Loge Féminine de France, engagées par essence dans la défense des valeurs humanistes, de tolérance mutuelle et de respect de la liberté absolue de conscience, appelons nos candidats aux élections européennes à :

  • Promouvoir en toutes circonstances le principe de laïcité et concourir à sa reconnaissance par les institutions européennes,

  • Défendre les libertés et les droits individuels tels que définis dans la Charte des Droits fondamentaux et sanctionner tout manquement à son respect,

  • Soutenir la constitution d’un intergroupe parlementaire« laïcité et liberté de conscience »,

  • Réviser l’article 17 du «  Traité de fonctionnement de l’Union européenne » pour rétablir l’équilibre entre les organisations confessionnelles et les organisations humanistes et laïques.

Nous leur demandons de :

  • Condamner toute remise en cause des droits fondamentaux, concernant en particulier, les droits des femmes et leurs droits à la contraception et à l’IVG,

  • Refuser l’ingérence des lobbies confessionnels dans les débats parlementaires,

  • Interdire l’affichage de références religieuses dans les locaux des institutions européennes.


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