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L’ESPRIT DE FRATERNITÉ

L’ESPRIT DE FRATERNITÉ.

Depuis le début du processus d’intégration au sein d’une Loge et durant la majeure partie de la cérémonie d’initiation le candidat est appelé « monsieur ». Lorsque l’impétrant a pris ses obligations la formule de politesse est remplacée par la qualité de « Frère » créant instantanément une relation de confiance qui se concrétise pleinement à la fin de la réunion au moment de l’accueil. Chaque participant nomme le néophyte « Frère » et ce dernier s’exprime de même. Il en résulte un esprit de franchise réciproque dans la droite ligne des Constitutions d’Anderson de 1723 ; texte régulateur de la Franc-maçonnerie moderne ou spéculative[1].

Cet extrait, en note de l’article 1er  des Constitutions, contient implicitement le ciment fraternel grâce auquel l’Ordre a réussi à surmonter les (r)évolutions sociales, économiques et politiques qui ont jalonné ses trois siècles d’existence (qui seront célébrés en 2017).

En Franc-maçonnerie où chacun adhère de sa propre volonté et où nul n’est attendu ni désiré tout Frère recevra en retour de ce qu’il donnera, comprendra ce qu’il voudra bien écouter et ce qu’il voudra bien voir. Pour l’aider dans cette démarche, le principal outil à sa disposition est l’esprit de fraternité qui se subdivise selon trois niveaux. Le premier est le devoir d’assistance mutuelle entre les Frères. Néanmoins que l’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit en aucun cas de fricotage ou de droits prébendiers. Les deux autres niveaux sont interdépendants. Pour les Maçons de tradition c’est l’observance collective des règles immuables de l’Ordre énoncées par les pères fondateurs d’une part et d’autre part le travail permanent sur eux-mêmes des Frères en leur souci de progression initiatique.

La fraternité se concrétise donc, dans un premier temps,  par un lien de grande estime mutuelle entre les membres d’une Loge réalisant une recherche spirituelle simultanément commune au groupe et individuelle en fonction des attentes propres à chacun.

Telle est la perception fraternelle unissant nombre de Frères. État, soulignons-le, déjà sans commune mesure comparé aux relations sociétales courantes. Évidemment suivant les sentiments irrationnels qui régissent les courants naturels d’empathie, il s’établit peu à peu parmi des Frères des liens affectifs privilégiés. Ceux-ci forgeront un concept de fraternité exceptionnel : la fraternité de cœur.

Pistis, maître maçon.

[1]  I De Dieu et la Religion (fin de l’article)

…c’est-à-dire d’être Hommes de bien et loyaux ou Hommes d’Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Confessions qui aident à les distinguer ; par suite de quoi la Maçonnerie devient le Centre d’Union et le Moyen de nouer une Amitié sincère entre des Personnes qui n’auraient pu que rester perpétuellement Étrangères.